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 Le baiser de l'amor

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Katia
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Messages : 582
Date d'inscription : 13/05/2011

MessageSujet: Le baiser de l'amor   Jeu 19 Sep - 20:49

Quand il eut passé le pont, des fantômes vinrent à sa rencontre.
En tête marchait une petite vieille toute bossue, malgré sa taille elle semblait imposer sa loi aux ombres qui la suivaient et qu’il ne parvenait pas encore à distinguer nettement. La nuit pourtant était étrangement claire pour une nuit d’Octobre.
« Alors Edouard, tu ne viens pas me saluer ? Tu n’es pas content de me revoir ? » La petite vieille s’avançait toujours vers lui de son pas lent. Le regard froid qu’elle posait sur lui et qui lui transperçait l’âme, il l’avait trop souvent vu pour pouvoir jamais l’oublier. Il aurait voulu hurler mais il ne put faire passer qu’un faible murmure entre ses mâchoires crispées, quasiment inaudible.
« Tante Agathe ? Mais… Mais comment…. ? » Ses dents claquaient si fort qu’il ne put rien dire de plus.
Tante Agathe était la seule famille qu’il ait jamais véritablement connue. Ses parents étaient morts dans un accident d’avion alors qu’il n’avait que deux ans et sa tante l’avait adopté, élevé comme son propre fils qu’elle n’avait jamais eu étant restée vieille fille. Mais en grandissant, il avait développé un caractère très fort, indépendant. Il n’acceptait plus aucune remarque de sa part. A dix-huit ans, il avait cassé une glace accrochée au mur du petit appartement qu’ils occupaient avant de partir en claquant la porte. Honteux de son geste mais trop fier pour revenir lui faire des excuses, il avait préféré quitter la ville à tout jamais, enchainant les squats et les petits boulots pour vivre. Cela faisait déjà cinq ans.
Il avait appris quelques semaines auparavant qu’elle était morte six mois après son départ sans avoir cessé d’espérer un mot de lui, un appel, son retour, simplement des nouvelles. Complètement affaiblie, amaigrie, sans plus aucun gout à la vie, elle s’était laissé emporter par une mauvaise grippe en quelques jours.

« Alors mec on a la frousse ? »
De grosses gouttes de sueur froide perlaient sur son front brûlant. Il avait senti un souffle glacial l’envahir puis disparaitre. Son cœur battait à se rompre. Greg, le bar, l’alcool, la chanteuse si belle qui les chauffait tous les deux de ses œillades et de ses déhanchés, son décolleté si provocant, le pari idiot à qui parviendrait à la convaincre de passer la nuit avec lui, puis la bagarre sur le parking désert pour savoir qui méritait de gagner ce pari, les coups qui pleuvaient de tous les côtés, leurs deux masses entremêlées se roulant dans la boue.
Il n’avait rien oublié, rien, absolument rien, surtout pas ce dernier uppercut qui avait fait rebondir la tête de Greg contre le bord du caniveau violemment. En le voyant inerte avec le sang qui commençait à former une petite flaque, il avait eu peur, pris la fuite comme un voleur sans prévenir les secours. Cela faisait deux ans qu’il fuyait avec la peur d’être retrouvé, arrêté, emprisonné.
Il voulait s’enfuir encore mais ses pieds ne le portaient plus, ses jambes tremblaient. De tous les côtés il voyait des ombres s’approcher. Il devinait leurs rictus. Blanc comme un linge, il s’effondra de tout son long sur le sol boueux.
Une jeune et jolie blonde s’approcha de lui puis déposa un baiser sur son front. Elle semblait moins agressive que les autres.
« Edouard mon enfant, regarde papa est là, nous sommes venus te chercher. Nous n’avons que trop attendu pour être de nouveau tous réunis. »
Il sentait son souffle tout contre lui. Un souffle très doux mais plus froid qu’un tourbillon de neige. Un homme d’une trentaine d’années s’approcha lui aussi, tendit la main à la blonde pour l’aider à se redresser.
A son tour l’homme lui parla :
« Tu vois fiston si tu n’avais pas eu la rougeole, tu serais venu avec nous en avion et nous n’en serions pas là. Nous ne nous serions jamais quittés. Nous aurions pu prendre le vol précédent qui lui a dû arriver à destination comme nous avions prévu en le réservant. »
A bout de force, il ferma les yeux. Tout tournait de plus en plus vite autour de lui, les quatre fantômes se penchaient tour à tour sur son visage dans une sarabande infernale pour lui souffler leur haleine glaciale. Dans un effort surhumain il leva les bras pour se couvrir le visage de ses mains et ne plus voir leur ronde incessante. Mais il les entendait parler, parler, parler encore sans arrêt et leurs figures livides se dessinaient sous ses paupières closes.



« Edouard, Edouard, tu m’attraperas pas, je vais me cacher, tu me trouveras pas. Espèce de poule mouillée va, tu oseras pas m’attraper ! »
Cette voix cristalline lui fit exploser le cœur. Cette petite frimousse candide toute frisée qui lui souriait lui faisait plus mal à voir que toutes les autres réunies.
« Tu viens Edouard, allez bouge ! Viens avec nous ! »
« Mary ? Mais qu’est-ce que tu fais là ? Je croyais… Je t’ai vue… La voiture, l’ambulance, les sirènes… »
Et elle riait.
« Gros bêta ! C’est vieux tout ça ! Allez viens ! J’ai envie de jouer avec toi. »
Il se revoyait tous les deux gamins, riant, chahutant, puis Mary avait traversé, il n’avait pas eu le temps de la prévenir de faire attention. Puis il y avait eu les crissements de pneus sur la chaussée brûlante, le bruit sourd, les cris, les sirènes, ses larmes à lui qui noyaient son cœur, ses questions sans réponse, ses yeux de gosse horrifié fixés sur l’ambulance qui s’éloignait à toute vitesse, ces mots qui résonnaient encore dans sa tête « c’est trop tard, on ne peut plus rien faire. »
Sans aucune réticence, il tendit la main en direction de la petite.
« Oui Mary je viens. Je viens avec vous, vous avez raison on sera bien. Pourquoi n’êtes-vous pas venus plus tôt ? »
Une douleur intense dans la poitrine lui coupa le souffle. Tous ses muscles tremblaient violemment.
« Monsieur, restez avec nous ! Monsieur réveillez-vous ! Ouvrez les yeux ! Passez-moi le défibrillateur, on remet ça ! »
Une deuxième douleur le déchira mais Mary, ses parent, sa tante et même Greg le tiraient, le poussaient pour l’emmener avec eux.
« Dépêchez-vous ! On le perd ! Qu’est ce qui s’est passé ? »
« Mary, maman, où vous êtes ? Me laissez pas. »
« Continuez le massage, son cœur réagit, il repart. »
Une troisième décharge le fit tressauter, haleter, hoqueter.
« C’est bon on l’a récupéré, il revient de loin celui-là, mettez le sous oxygène. »
« Au revoir Edouard, ne t’en fais on se reverra, on t’attendra, mais pour le moment la vie t’appelle. »
Péniblement, il entrouvrit les yeux. Des visages se tenaient tout près du sien avec l’air affairé, soucieux mais il sentait que leurs souffles étaient doux, chauds, bienveillants.
« Mary » murmura-t-il en fixant une femme brune en blouse blanche. « C’est toi ? » puis il referma les yeux épuisé. Elle avait les mêmes paillettes dans le regard que l’enfant qu’il aimait tant, avec qui il devait se marier quand ils seraient grands.


à suivre si vous voulez Smile


Dernière édition par Katia le Sam 12 Oct - 7:02, édité 1 fois
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colombe-sylvie
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MessageSujet: Re: Le baiser de l'amor   Ven 20 Sep - 2:18

J'ose espérer que la suite donnera raison à son existence, c'est si difficile de vivre sans ceux que nous aimons que je peux concevoir son désir de les rejoindre :-)

Un plaisir de te lire, tu sais nous captiver, hâte de connaître la suite de l'histoire  

Bon Vendredi flower Katia

Bisous

Sylvie

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vikthor
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MessageSujet: Re: Le baiser de l'amor   Ven 20 Sep - 21:10

c'est une nouvelle  que j'ai lue deux fois, la deuxième j'ai pris mon temps à chaque ligne pour me représenter les personnages, y mettre un visage...
c'est très prenant, on se laisse emporter par l'histoire... au point qu'on a envie de connaître la suite... alors à de suite Very Happy chère romancière 


 

biz, Vik
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Sandy
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MessageSujet: Re: Le baiser de l'amor   Sam 21 Sep - 20:57

Toujours le même plaisir à lire cette histoire ma Katia, et le même frisson!!!

j'adore
bisous
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Katia
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Messages : 582
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MessageSujet: Re: Le baiser de l'amor   Sam 12 Oct - 7:04

Sylvie, Vikthor, ma Sandy, je vous remercie de vos mots si élogieux et encourageants.
Je suis contente que vous ayez autant aimé.
Bisous à vous

 
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MessageSujet: Re: Le baiser de l'amor   

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Le baiser de l'amor
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