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 Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. II

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MessageSujet: Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. II   Ven 12 Aoû - 19:42

Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion.

Chapitre 2 : Engagez-vous, qu’ils disaient…

Le réveil fut brutal !
Une trompette tonitruante sonnait au loin, une foule hétéroclite de gens de tous pays et origines s’activait partout frénétiquement et un maure colossal beuglait des ordres tout près. Réveillé en sursaut, je fis un bond qui manqua de me faire tomber d’un semblant de lit perché sur d’autres grabats. L’alcool n’avait pas encore fini de produire ses effets. Je me trouvais dans une immense salle aux murs nus. Je devinais, au fond de la pièce, une porte lourdement renforcée. Des grandes fenêtres, haut placées, dispensaient malgré leurs dimensions gigantesques, une lumière parcimonieuse. N’eut été pour les proportions généreuses du local et le nombre affolant de ses occupants, son ameublement spartiate, la disposition de ses baies et l’absence de décoration auraient pu faire croire être dans un cachot. Tout autour de moi c’était un capharnaüm de lits, d’ hamacs, de tables et chaises qu’on bousculait sans ménagement dans un charivari de cris, de jurons, de plaintes que dominaient des ordres péremptoires. Partout des gens, de toute race et couleur, s’affairaient à la hâte, dans le plus grand désordre. Un brouhaha indescriptible animait cette foule bigarrée qui fluctuait d’un côté à l’autre au rythme des injonctions qu’elle recevait.

Toute cette cohue résonnait dans ma tête comme un troupeau de chevaux lancé au galop n’ayant rien à envier à la chorale de trompettes et buccins qui s’y exerçaient déjà copieusement. M’ayant aperçu, le Numide s’approcha de moi, en se dandinant. D’un air souriant et affable il s’enquit de mon état, de mes impressions, de mes désirs puis, d’un coup, sans me laisser le temps de répondre, se mit à vociférer, avec de grands gestes. J’avais du mal à me situer, j’avais du mal à le comprendre et, surtout, j’avais mal à la tête.
Dans le flot d’invectives dont il m’abreuvait, je compris l’essentiel : je m’étais engagé dans la légion !
« Par les foudres de Jupiter, comment cela était-il possible ? »
Je récapitulai, péniblement, les événements de la veille. Dans les brumes de mes nébuleux souvenirs je me souvins avoir signé un protocole d’accord pour un partenariat commercial d’une vague boutique quelque part en Occitanie :
« Quel âne !......... Quel salaud ! »
Devant mes protestations, le décurion m’assura, d’un ton compréhensif, que je pourrais faire part, personnellement, de mes griefs au général, dans les plus brefs délais. Il acheva sur un grand rire en me remettant, rudement, un semblant d’équipement et en me conseillant d’être prêt à partir sur-le-champ. La menace des sanctions encourues était à peine voilée. J’étais dans des beaux draps, il ne me restait plus qu’à obéir.

La porte s’ouvrit et le flot humain se déversa dans une cour où d’autres colonnes, vomies par d’autres portes, vinrent nous rejoindre. L’esprit embrumé, autant par l’alcool de la veille que par la nouvelle de mon incorporation, je suivis machinalement le mouvement. La lumière du soleil me vrilla le cerveau mais l’air frais et salin de la mer me donna une claque salutaire pour me remettre d’aplomb. Ce qui eut pour effet de me rendre effectivement compte du pétrin dans lequel je me trouvais. J’étais atterré !

Nous fûmes réunis, comme on rassemble un troupeau de vaches avant la transhumance, devant la caserne, face à une sorte d’estrade. Il y avait là tout ce que l’Empire compte comme races. La plupart semblaient hagards, se demandant où ils se trouvaient. D’autres semblaient apprécier d’être là. D’autres encore, vu les chaînes dont ils étaient recouverts, n’avaient pas le choix d’y être. Sur la place d’armes, après nous avoir agencés, tant bien que mal, nous eûmes droit au discours de bienvenue pour les nouvelles recrues ainsi qu’un aperçu du programme qui nous attendait. Lorsque le centurion eut terminé l’énoncé des réjouissances auxquelles nous devions nous soumettre, il laissa la place au général commandant la place : le général Darius. Celui-ci nous rappela les règles en vigueur dans la légion, insistant lourdement sur l’obéissance aux supérieurs, et nous fit prêter serment à l’Empereur. La cérémonie à peine finie, on nous pressa de nous mettre en route pour un camp d’entraînement situé quelque part dans l’arrière-pays.

Avant de quitter la place d’armes nous passâmes, à la queue leu leu, prendre un paquetage qui avait été préparé, pour la première et dernière fois, à notre intention. Tout ce que l’on pouvait déduire de son contenu étaient deux sortes de rondins pointus et une imitation de couverture qui en dépassaient. Pour le reste, à son poids, il devait être rempli de pierres. Je me demandai s’il contenait mes affaires civiles mais je n’eus pas le temps de poursuivre davantage mes investigations qu’un vétéran, hurlant les directives à suivre, me poussait déjà pour faire place au suivant. Bousculés et harangués sans cesse, sans attendre, nous fûmes ordonnés en rangs par quatre et mis immédiatement en route…
Lorsque ce fut à mon tour de m’élancer sur la voie, la colonne, constituée par des groupes régulièrement espacés, s’étirait déjà aussi loin que portait mon regard. Pour compléter mon bonheur, le Numide avait été affecté au commandement du groupe dont je faisais partie. Ce qui avait l’air de le ravir au plus haut point.

Nous marchâmes ainsi, côte à côte, de jour comme de nuit, avec des arrêts trop brefs pour les longues séances de marche auxquelles on était astreints. Commencée sur une route pavée, la marche se poursuivit sur un chemin tracé pour se terminer en suivant une vague piste. Cela devenait évident : on s’éloignait de la civilisation et on s’en écartait si vite qu’on aurait pu croire qu’Hadès en personne poursuivait la troupe. Le paquetage devenait, au fur et à mesure qu’on avançait, plus lourd. J’étais épuisé. L’esprit vide et les pieds en sang, je suivais ostensiblement la recrue qui me précédait, calquant mon allure sur la sienne, pour ne pas me faire piétiner par ceux qui me suivaient.

C’est dans l’épreuve commune que l’homme sent le besoin de communiquer, c’est ainsi que chacun de mes compagnons de misère y alla, dans son jargon plus ou moins compréhensible, de sa petite histoire. Un tel était là pour dettes, un autre pour la solde, un autre encore pour échapper à une condamnation, le Galate fuyait sa femme, l’Égyptien avait été vendu, le Dalmate drogué, le Parthe pour la liberté, l’Ibère pour la gloire, le Nubien pour pouvoir manger, le Grec pour le prestige, le Gaulois par devoir, le Thrace par contrat...
Petit à petit, nous faisions connaissance, ce qui rendit l’excursion plus supportable. À intervalles plus ou moins réguliers, le grand maure, que la marche ne semblait pas affecter, venait nous houspiller, en se moquant de nos manières citadines, pour que nous soutenions l’allure.

C’est au cours de cette expédition que je pus me rendre compte de la facétie des dieux. Nous avions atteint la fin de la route pavée et nous marchions, depuis des heures, sur un chemin en terre battue, sous un soleil de plomb, lorsque mon voisin, un sémite, supplia son dieu de lui accorder un peu de fraîcheur. À mon grand étonnement, son dieu répondit à ses prières……Pendant les deux jours et la nuit qui suivirent, il déversa sur nous le déluge, Eole lui prêta main forte et Jupiter pourvut au son et lumière.
Les différents gaulois faisant partie du convoi se lamentaient que Taranis ne soit en colère contr’eux. Les italiotes s’en remettaient à Junon pour calmer son époux. Les nordiques chantaient la gloire de Wotan. Les nubiens priaient leurs ancêtres et les maures conjuraient Ouroboros de les sauver. Chacun priant ses divinités de le protéger, et la tempête ne se calmant pas, je commençais à me demander à quel dieu me vouer.
Le chemin que nous suivions n’était plus que boue et eau. On pataugeait dans une mare géante et gluante sous les assauts d’Eole. Trempé, transi, couvert de boue, mon corps n'était plus que douleurs et je crus plus d’une fois que ma dernière heure était venue. Le sémite jura de ne plus se plaindre du temps. Je lui assurai de lui tordre le cou si seulement l’idée de le faire l’effleurait !

Ce n’est que lorsque l’averse se fut calmée que je m’aperçus que, parallèles à notre colonne, marchaient maintenant, à une centaine de coudées, deux files clairsemées de vétérans. Ils encadraient la colonne comme un cortège de prisonniers. Une pensée me traversa alors l’esprit : à vue de nez, il y avait, tout au plus, un vétéran pour quatre à cinq recrues. Si mes connaissances sur l’armée étaient bonnes, et si notre troupe représentait bien une légion, cela me donnait un bon millier de vétérans pour près de cinq mille recrues. Le tout en plein milieu de nulle part. Je ne me targue pas d’être un stratège mais en cas d’attaque de la caravane que se passerait-il ? Ce n’est pas un millier de vétérans, malgré leur vaillance et leur savoir-faire, qui ferait le poids contre une armée déterminée et je voyais mal les recrues, malgré leur nombre, soutenir un assaut en règle.
Je commençais à comprendre la hâte du commandant à vouloir se trouver, au plus vite, à l’abri d’un camp ! Mais, au rythme qu’il nous forçait à marcher, il allait falloir bientôt arriver, à ce fichu campement, sous peine qu’il n’y emmène qu’une armée de mort-vivants.
La perspective de servir de repas à un vautour ne m’enchantant guère, je m’appliquai à suivre l’allure…Au grand contentement de mon argousin.

C’est au cours d’une de ces si brèves haltes qu’on nous accordait que je me liai d’amitié avec Ping. Son teint jaunâtre lui donnait un air maladif mais il était doté d’une force herculéenne et d’une rapidité étonnante, malgré une corpulence chétive.
Lors de la pause, alors que je soulageais mes pieds endoloris, un aspic s’était glissé derrière moi. Je ne dois qu’aux réflexes de Ping d’être encore parmi les vivants…si on pouvait encore nous considérer comme des vivants. Ping, qu’on surnommait Le Parthe parce qu’il avait été fait prisonnier au cours d’un raid dans un lointain village de l’Orient, affirmait venir d’encore plus loin : d’une grande ville, au nom imprononçable, au cœur d’un Empire si immense que la Mare Nostrum en eut eu l’aspect d’un lac. J’avais du mal à m’imaginer que quelque chose de plus gigantesque que l’empire romain puisse exister ! La dimension du monde prenait, dans mon esprit, des allures titanesques auxquelles j’avais grand mal à adhérer.
C’est pourtant en écoutant les histoires merveilleuses de son lointain pays que je pus m’évader de la triste réalité à laquelle j’étais confronté. À l’en croire, là-bas tout était monumentalement incommensurable, fastueux et merveilleux…Ces étrangers, quelle imagination ! On voyait bien qu’il n’avait jamais vu Rome….À bien y penser, moi non plus…Mais j’en avais tellement entendu parler que je pouvais jurer la connaître.
Ping s’était engagé dans la légion pour acquérir la citoyenneté. Une fois rendu à la vie civile, son rêve était de monter un petit commerce d’épices rares…
Le commerce… Laerde…Que tout cela me semblait loin, sur cette route qui n’en finissait pas….


© Hami
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MessageSujet: Re: Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. II   Sam 3 Sep - 18:33

quelle marche fallait il donc faire et porter en plus des charges lourdes sous une chaleur torride heureusement que la pluie est arrivee puis a l’époque lol les pieds devaient être pas beaux a voir lol ...y'avait pas les chaussures de maintenant j'adoreeeeeeeeee je vais au troisieme chapitre
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