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 Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. IV

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MessageSujet: Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. IV   Mer 17 Aoû - 18:38

Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion.

Chapitre 4 : Cent fois, sur le métier,….


Les premières lueurs du jour commençaient à peine à percer l’obscurité de la nuit, qu’un cor, aussitôt suivi d’une chorale de trompettes, appelait déjà au rassemblement. Aussi vite que nous le permirent nos membres endoloris et engourdis, nous nous équipâmes et nous rassemblâmes, de la façon la plus ordonnée que nous pûmes, sur le forum. Ce qui, comparé à la formation des vétérans, avait plutôt l’air d’un troupeau de buffles se disputant une touffe d’herbe. Curieusement il n’y avait que ma légion qui était présente. Les autres étaient déjà à l’œuvre pour achever les travaux de reconstruction du camp. Face à notre formation, derrière les quartiers des gradés, les tentes disparaissaient pour faire place à des cabanes en bois: Un convoi de chariots était sur le départ et la forge résonnait des coups de marteau.
Un centurion essaya vainement de rectifier notre position. Il en était à sa deuxième tentative lorsqu’une rangée d’officiers, reconnaissables à leurs manteaux bleus, vint se ranger au pied de l’estrade dressée sur le forum. Peu de temps après, un tribun sortit de sa tente……Accompagné du Numide ! Un décurion s’adressant directement à un tribun ? Quelle sorte de décurion était-ce là ? Je n’eus pas le temps d’approfondir la question. Le tribun monta sur l’estrade, nous fit un bref discours sur les aptitudes d’un bon légionnaire, nous présenta nos instructeurs et nous indiqua le début des festivités : l’apprentissage des manœuvres simultanées en équipe.
Pour cela nous fûmes partagés en plusieurs groupes comprenant, chacun, quatre décuries. On attribua ensuite une couleur à chaque section ainsi créée. Chaque unité fut partagée en jaunes, occupant les rangées du côté du soleil levant, et en rouges, occupant les rangées leur faisant face, côté soleil couchant. Cela devait stimuler l’effet de compétition et inciter chaque formation à se surpasser. L’appartenance au groupe fut indiquée par un ruban de la couleur correspondante, sur le casque. On nous peignit ensuite une bande de couleur, suivant le camp auquel on appartenait, sur l’armure. Je devins ainsi Tanis Tadern recrue verte du camp rouge.

Première leçon : savoir se défendre en toute occasion.
On passa le reste de la journée à frapper des poteaux en bois ou des mannequins d’entraînement. La différence essentielle entre ces deux "adversaires" est que, contrairement au premier qui subit sans rechigner, le second, lui, riposte ! À force j’en eus des ampoules aux mains et des bleus sur tout le corps. Avant de nous congédier pour la nuit, l’instructeur nous montra notre nouveau « terrain de jeu ». Sur le rempart, plusieurs fanions de couleur étaient disposés à intervalles réguliers tandis que, sur le talus d’accès, plusieurs mannequins d’entraînement simulaient un éventuel ennemi. Notre but : rejoindre le fanion qui nous était attribué dans les plus brefs délais. L’extinction des feux avait à peine sonné qu’une trompette nous indiquait le début de la phase d’entraînement suivante. Un vrai cauchemar ! Couché, debout, s’équiper, courir, frapper le premier mannequin en évitant le retour, gravir le talus, faire de même avec le second, atteindre son poste, redescendre, recommencer, encore, et encore, et encore, et encore et encore et encore…De jour comme de nuit…. Toujours trop lents, de l’avis de l’instructeur. Ça en devenait une telle obsession que si l’un des hommes de la tente éternuait….Tout un manipule se retrouvait à son poste sur les remparts avant d’avoir réalisé la méprise.

Et on continua à mettre et à enlever cette saleté d’armure et à frapper ces pauvres mannequins, qui subissaient notre colère, au rythme des allées et venues depuis la tente, le talus et le rempart pendant tout le mois qui suivit…Le tout, joyeusement annoncé par des coups de trompette….Si seulement il pouvait l’avaler cette damnée trompette ! Après un mois de cet exercice, on compliqua un peu : une fois sur le rempart, on devait lancer un javelot sur un poteau fiché à l’extérieur et régulièrement déplacé. Il va de soi qu’il fallait récupérer le javelot pour l’exercice suivant et ce dans les plus brefs délais. Moi, qui me prenait pour une flèche à la course, je dus bien vite me rendre compte qu’entre courir un mille d’une traite et la même distance en effectuant des manœuvres ce n’était pas du tout comparable….Et on continua, encore et encore… Jusqu’à ce qu’enfin l’instructeur soit satisfait. Il gratifia, pour l’occasion, toute la section d’un jour de repos…Par une marche de quarante milles à travers la savane broussailleuse en équipement complet, sous un soleil à faire pâlir d’envie Apollon lui-même.

Seconde leçon : savoir attaquer.
Le lendemain de notre soi-disant jour de repos, on nous conduisit, dés l’aube, sur le champ de manœuvre. On nous désigna nos positions… Et l’entraînement commença.
Sans relâche, tout le long de la journée, quel que soit le temps, nous manœuvrions, par lignes de cinquante, sur le terrain. Marcher, courir, s’arrêter, repartir, contrer, reculer, attaquer encore, et encore, et encore,…Et encore, jusqu’à ce que cela devienne naturel. J’avais des contusions sur tout le corps ce qui, pour mon supérieur direct, était le signe que le métier rentrait…. Je lui aurais rentré, avec délectation, une dague dans son gosier de gaulois prétentieux……. Si j’en avais eu une.
Nous apprîmes, par la même occasion, à marcher au pas et à nous composer en rangs. Bien que les responsables trouvassent, ces mouvements, d’une importance capitale, je les trouvais, moi, d’un ennui suffisamment mortel que pour décimer une armée ! En alternance avec ces manœuvres nous simulions des combats au corps-à-corps. Ce qui diversifiait, un peu, de la monotonie de ces interminables parades.

Pour éviter tout problème, les armes dont nous disposions à ce moment, étaient en bois, ce qui ne nous dispensait pas des nombreux recours aux services des guérisseurs. Cela me rassurait un peu : en cas de véritable combat, ils auraient de la pratique ! D’une cohue indescriptible, au départ, nous arrivâmes, peu à peu, à une disposition de combat dont même un néophyte pouvait voir les avantages. Tous en ligne, manœuvrant de concert, côte à côte, les boucliers en avant, cela ressemblait à un mur vivant hérissé de pointes. Afin de tester la solidité de la formation, des taureaux caparaçonnés étaient lancés contre les lignes. Mon corps se souvient encore du premier choc, lorsque, engoncé dans mon armure, je fus piétiné par une de ces bêtes. Le craquement de mon épaule, sous le poids du taureau, résonne encore à mes oreilles. J’eus droit aux services d’un guérisseur pour remettre mes os en place et au blâme du chef de section pour ne pas avoir soutenu, victorieusement, la charge. Je vous le demande sincèrement : que peut faire un pauvre celtibère de deux cents cinquante as* contre une bête de deux mille cinq cent livres lancé à plein galop ? Il paraît qu’on peut le réaliser. J’ai vu le faire mais je ne sais pas encore comment y arriver. En punition de cette « faute inqualifiable », je fus désigné, pour la garde de nuit, pendant la semaine qui suivit.

Pour rompre la ressemblance des exercices, des concours de combat, étaient organisés dans l’arène. Un petit terrain ceinturé par quatre piquets reliés entr’eux par des cordes avait été aménagé, à cet effet, dans un coin du camp. J’avoue que je me distinguai vite dans ces combats. Bagarres pendant lesquelles nous déchargions cette agressivité qu’autrement nous aurions retournée contre nos surveillants ou nos instructeurs. Cela me permit de soulager mes compagnons de quelques pièces d’or imprudemment pariées sur mes adversaires. Cela me permit aussi d’apprendre à manier différentes armes avec une certaine aisance ce qui est un avantage appréciable. Cependant les armes étant factices, cela m’handicaperait face à un vétéran aguerri. Après un mois, interminable, de ces manœuvres fastidieuses, nous commençâmes à apprendre les différentes formations de combat, ainsi que la façon de les conduire. Composition en ligne, en triangle, en carré, en rond, en pointe, en quinconce ou en tortue, nous regrettâmes vite les exercices du mois écoulé. Je ne compte plus les ecchymoses dues aux bousculades et aux coins de bouclier reçus dans toutes les parties du corps. Mes connaissances en onguents et potions me furent fort utiles pendant cette période….Autant pour me soigner que pour me constituer un petit capital qui, ma foi, commençait à acquérir une certaine importance.

Nous apprîmes ainsi à former des blocs d’une cohésion telle que nous pouvions contrer la charge des chars de combat, ou des taureaux, sans subir de dégâts. Il fallut encore un mois pour que nous puissions manœuvrer avec flexibilité dans les différentes formations. Nous passions d’une composition à l’autre avec souplesse, rapidité et dextérité, ce qui finit par ressembler à un jeu étrange, une sorte de danse épique. L’instructeur nous annonça, fièrement, que l’entraînement de base était fini et que nous allions, enfin, passer aux choses sérieuses.
Ah ? Parce que douze fractures, vingt-deux luxations et un nombre incalculable d’ecchymoses ce n’était qu’un divertissement ?
Pour être sérieux cela devint on ne peut plus sérieux.
Deux cohortes de vétérans furent désignées pour représenter notre ennemi. Nous refîmes, à échelle moindre, toutes les grandes batailles du passé ; depuis les glorieuses victoires grecques en passant par les grands triomphes de l’Empire, jusqu’aux misérables défaites contre Hannibal. Il ne se passait pas un jour sans que les guérisseurs n’aient à intervenir pour soigner les différents blessés… Et nous n’utilisions pas de vraies armes !
À force d’entraînement, d’exercices et de manœuvres, de simulations, de combats et de parades, nous apprîmes toutes les techniques de combat adoptées par la légion et qui avaient fait sa renommée. Petit à petit mes muscles se durcirent et j’eus de plus en plus de facilité à effectuer les tâches avec cette armure sur le dos. Doucement, mais sûrement, cela devenait une seconde peau.

*Mesures romaines :
Chaque valeur de masse romaine porte un nom propre.
Le demi-sela est la douzième partie de l'once.
(= deux scruples)
La sela est le sixième de l'once.
(= quatre scruples)
Le lycus, le quart de l'once.
(= deux sicles)
La double sela, le tiers de l'once.
(= huit scruples)
La semiuncia, la moitié de l'once.
L'once.= 27g

La sescuncia, une once et demi.
Le sextans, deux onces.
Le quadrans, trois onces.
Le trians, quatre onces.
Le quincunx, cinq onces.
Le semis (« demi-as »), six onces.

Le septunx, sept onces.
Le bes, huit onces.
Le dodrans, neuf onces.
Le dextans, dix onces.
Le deunx, onze onces.
L'as, douze onces = C’est la livre.=324g
250 as = environ 80kg
2500 livres = environ 800kg

© Hami
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MessageSujet: Re: Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. IV   Sam 3 Sep - 18:54

lol ça devait peser lourd leur cote de maille enfin j'imagine qu'ils devaient pas etre cul nu mdr les armes etant deja pas legere mon dieu ils ont fait comment
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Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. IV
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