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 Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. VIII

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MessageSujet: Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. VIII   Ven 26 Aoû - 20:30

Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion.

Chapitre 8 : Déserteurs : La récompense


La journée ayant été riche en émotions, il ne fallut pas longtemps à la plupart pour se faire un coin et dormir. D’autres profitant de l’aubaine, barbotaient gaiement dans la mare. En remerciement de l’exploit accompli, honneur suprême, je fus désigné d’office pour la garde de nuit. Iorix, le ménapien me tint compagnie. Vingt, vingt-cinq ans maximum, une tignasse couleur des blés mûrs, les yeux eaux profondes et la moustache fournie, c’était l’archétype même du gaulois tels qu’on les décrivait. La situation particulière ayant allégé les règles, il allait et venait, racontant sa vie. Son village ayant été rasé par une incursion des germains, il n’eut la vie sauve qu’à l’intervention de la légion proche qui les repoussa. Depuis, plus par reconnaissance que par devoir, il servait l’armée romaine. À ma remarque concernant son grade, il haussa les épaules et finit par admettre que l’armée, et ses règles, n’était pas faite pour son caractère mais que, comme j’avais pu le constater, on ne la quittait qu’avec la permission du général : comme un brave ou comme un exclu. Et il n’était pas question qu’il quitte l’armée avec la marque infamante de l’exclusion ! Ce disant, son ton s’était durci. Il m’expliqua ensuite les différents aléas de sa carrière : les promotions pour actes de bravoure et les dégradations pour insubordination à la discipline. Foncièrement indiscipliné, ce qui fit perdre la guerre et la liberté à son peuple, il était incapable de l’imposer à d’autres. La discussion se poursuivit sur les us et coutumes de nos deux peuples et nous commentions les ressemblances et les différences qui nous distinguaient avec tant de ferveur qu’on ne s’aperçut avoir oublié la relève qu’aux premières lueurs de l’aube. Iorix pris sur lui d’en accepter la responsabilité. L’officier le laissa présenter ses excuses et ses regrets avant de l’absoudre des charges. Une telle mansuétude me surpris mais, comme le précisa le gaulois : on ne peut demander à autrui ce qu’on n’a pas fait soi-même. J’imprimai son nom dans un coin de la mémoire : son expérience pourrait m’être précieuse, un jour !

La lumière du soleil avait du mal à percer les brumes matinales. Le ciel était dégagé mais gardait une teinte rougeâtre menaçante. Les corps des déserteurs furent dépouillés du moindre oripeau et jetés nus au bon vouloir des fauves environnants. Après avoir dressé un catafalque et immolé nos morts, notre petite troupe, lourdement chargée, reprit le chemin vers le camp d’entraînement. L’ambiance était nettement plus détendue qu’à l’aller. La suspicion avait fait place à la confiance que se doivent des frères d’armes. À tour de rôle mes compagnons me félicitaient d’avoir survécu au combat et en commentaient les phases, comme s’ils y avaient participé. Moi, j’en frissonnais rien qu’à l’évocation mais je m’efforçais de ne rien laisser paraître. Les vétérans appréciaient l’exploit à sa juste valeur. Leurs commentaires se terminaient invariablement par le récit de leurs anciennes prouesses de jadis. Depuis l’aube, le mage chuchotait quelque chose qui avait l’air de véritablement ennuyer le chef. Celui-ci hochait la tête et finit par faire un geste d’impuissance en nous montrant. J’étais intrigué, de quoi pouvaient-ils bien parler ? Qu’est-ce qui inquiétait tellement l’aruspice ? Qu’est-ce qui nous attendait encore ? L’ordre tomba d’accélérer la cadence, et je me concentrai sur le chemin. Bientôt un grondement lointain, se rapprochant rapidement, se fit entendre. En cherchant la source du bruit nous nous aperçûmes, avec horreur, du début d’une tempête de sable. Bien qu’elle ne soit encore qu’à l’horizon, nous n’avions pas le choix, il nous fallait absolument un abri avant que la tempête ne nous rejoigne. Faute de quoi nous risquions de nous perdre à jamais dans les volutes de ce fléau. L’allure se changea vite en course. Une course éperdue contre la tempête, nous n’avions pas beaucoup d’espoir de la gagner, d’autant que chacun de nous portait, en surplus, les preuves indispensables attestant de la réussite de cette mission. De par ce simple fait, il était impensable, ni même concevable qu’on les abandonnât. Cela faisait deux heures que nous courions à perdre haleine, lorsque l’éclaireur nous annonça la proximité d’une grotte. Dans le brouillard de sable qui nous entourait, nous fonçâmes vers ce havre de paix aussi vite que nous permirent nos membres endoloris. Nous y arrivâmes de justesse et les trombes de sable hurlant sur les talons. Une fois à l’abri, nous nous écroulâmes épuisés.

Nous pensions avoir droit à un repos bien mérité lorsqu’un cliquetis familier nous ramena sur le qui-vive. Un dracon, sorte de veau cuirassé, extrêmement susceptible et vorace, se dirigeait vers notre position. Les recrues récupérèrent les lances des déserteurs et les plantant au sol, s’apprêtèrent à le recevoir. Les archers, leurs armes tendues, se préparèrent et lorsque l’importun apparut, il fut criblé de flèches avant qu’il ne sache ce qu’il lui arrivait. Emporté par son élan, il vint s’empaler sur les lances. Aussitôt, l’ordre fut donné d’inspecter la caverne afin d’en déloger d’autres éventuels locataires. Cela fut d’autant plus rondement mené qu’il n’y avait, à la salle que nous occupions, que trois entrées possible, l’une étant bloquée par le fléau. Nous découvrîmes, au détour d’une galerie, quatre chasseurs indigènes que la tempête avait, tout comme nous obligés de se mettre à l’abri. Un parlementaire fut chargé des négociations et on parvint, sans autre incident, à se partager l’abri. Nous pûmes enfin récupérer de la course. De la sécurité relative de la grotte, nous observâmes, avec crainte et curiosité, les éléments déchaînés. Le sable, porté par un vent violent, hurlait et mugissait dans les airs comme une centaine de taureaux furieux. Instinctivement, toute la troupe, sans distinction de grade, se tapit au plus profond de la petite excavation. Les maladies, qu’on attribuait à ce genre de tempête, avaient de quoi faire frémir les plus courageux. On parlait de personnes, les plus chanceuses, qui seraient mortes étouffées ou ensevelies par le sable. D’autres, moins chanceuses, que le fléau aurait entièrement débarrassées de leur épiderme. D’autres encore, était-ce punition des cieux, s’en sortaient vivants avec d’horribles boursouflures purulentes qui les rendaient fous de douleur. Restaient les "maudits", sorte de morts-vivants au teint cireux et à la peau si fine qu’on voyait les viscères au travers. Maudits car Hadès lui-même leur refusait les portes de son royaume, ils erraient, aveugles, recherchant d’autres gens que leur seul contact infestait. Nulle flèche ou épée ne pouvait les arrêter. Seul le feu purificateur en consumant leurs corps rendait leurs esprits agréables au maître des enfers. Le reste de la journée se passa dans l’attente que la bourrasque s’apaise. Nos "colocataires ", comme fascinés par le déchaînement des éléments, ne firent pas un seul geste pendant tout le temps que dura le fléau. Au matin, la tempête s’étant calmée, nous nous apprêtâmes à reprendre la route. Le paysage, dehors, avait complètement changé. Ce n’était plus qu’un moutonnement de sable. On ne reconnaissait plus rien et nos points de repères avaient disparus, ensevelis sous des dunes transportées par la tempête. Pendant que nous constations les conséquences du passage de la première tempête de ce genre, les indigènes s’éclipsèrent en silence, non sans emporter quelques unes de nos armes et la carapace du crocodile. Je frémis à l’idée que le garde ne les ait pas vus partir. Une inspection plus poussée nous révéla l’existence d’une seconde entrée. Le garde l’avait échappée belle : un tel manquement conduisait tout droit à la bastonnade !

À part quelques charognards surpris par la tempête et que le mage nous interdit de toucher sous peine d’être infectés par une maladie, dont lui-même ignorait le remède, le reste du voyage se passa sans problèmes majeurs. Nous arrivâmes bientôt au camp et après une brève explication, le commandant envoya des courriers rappeler les autres groupes. Le responsable du camp nous félicita de notre réussite et après que nous ayons déposé le butin à l’entrepôt, nous congédia pour le reste de la journée. Je ne rêvais que d’un bain chaud et d’un lit frais. J’eus un bain froid et un lit suant de moiteur. J’étais intrigué par l’amulette mais, la fatigue aidant, il ne me fallut pas longtemps pour m’endormir.
Mon sommeil fut troublé par des rêves peuplés de barbares grimaçants, de morts vengeurs et de sauriens maléfiques. Dépassant le tout, en surimpression, l’image du cadavre au fond du lac semblait m’appeler. Le réveil fut on ne peut plus agité. Empoigné fermement par une dizaine de recrues, soulevé à bout de bras au-dessus de leurs têtes, manquant à chaque instant de me laisser tomber, je fis le tour du camp sous les vivats de la troupe. Un ordre bref claqua et je me retrouvai, hagard et abasourdi, flanqué de deux porte-étendards, sur un petit podium dressé sur le campus. Les acclamations avaient repris de plus belle, résonnant dans ma tête embrumée comme des tambours. Le général Darius s’avança majestueusement et, d’un geste, réclama le silence. Il rappela brièvement les faits, pour ceux qui n’auraient pas encore été au courant, puis déclama un bref discours de félicitations pour l’acte de bravoure et annonça que, par ordre de l’Empereur, je montais en grade. Joignant le geste à la parole il me fit remettre, par un subordonné, une cuirasse ornée de l’aigle impérial, symbole de mon nouveau rang. Une ovation tonitruante accueillit la déclaration.

Mal réveillé, totalement abruti par les fatigues endurées, constamment sollicité, totalement perdu, l’esprit absent, je bredouillai quelques banalités de remerciement qui furent prises pour de la modestie. Sous les claquements des épées sur les boucliers, geste d’acclamation dont malgré l’honneur je me serais volontiers passé, je suivis docilement le centurion jusqu’à mes nouveaux quartiers.
Mon nouveau rang me donna droit au commandement d’une décurie et d’un peu plus de place dans ma nouvelle tente. Janus Pornanian vint en personne me complimenter pour ma promotion. Il se félicita par la même occasion d’être à l’origine de mon incorporation, chose pour laquelle je lui promis une récompense adéquate.
« Dès que vous aurez le rang requis, je me ferai un plaisir de vous rencontrer au champ d’honneur. » Dit-il en sortant. Je l’entendis rire un bon moment avant de retourner à la lecture de mes nouvelles obligations, et à l’étude de cette étrange amulette. Quel pouvait être son secret ? Sa lumière iridescente ne laissait aucun doute quant à son enchantement. Par contre ses propriétés me restaient obscures.

© Hami
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Lau
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Date d'inscription : 09/08/2011

MessageSujet: Re: Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. VIII   Ven 26 Aoû - 21:39

Tu décris les combats à la perfection. C'est un vrai talent chez toi...

Je meurs d'envie de savoir ce que l'amulette nous réserve comme possibilités littéraires ou péripéties incroyables.

Du légionnaire au décurion... les grades et la tension monte !
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MessageSujet: Re: Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. VIII   Dim 4 Sep - 15:01

te voila promu a un nouveau grade mais cette amulette a l'air de t'intriguer??quelle est donc son pouvoir est ce qu'elle regorge des trésors??? suspens vite vite je vais lire la suite
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MessageSujet: Re: Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. VIII   

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Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. VIII
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