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 Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. IX

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MessageSujet: Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. IX   Dim 28 Aoû - 18:08

Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion.

Chapitre 9 : Ils sont fous ces romains

Toutes les calendes donnaient droit à une journée de repos en alternance avec les différentes décuries. On aurait pu croire que pour des gens qu’on pousse à se battre du matin au soir, toujours sur le pied de guerre, une journée de détente se passerait à savourer le calme, la tranquillité, le farniente. Je fus étonné de constater que ce que je trouvais tout à fait normal en tant que simple légionnaire, m’était extraordinaire en tant que décurion : les soldats aspiraient à la détente pour pouvoir se battre dans l’enclos d’entraînement. C’est que l’intérêt de la légion passe avant les intérêts particuliers de chacun et une bagarre voyait souvent les deux protagonistes finir au trou. Quand je dis trou, ce n’est pas une expression ! Cela désigne leur lieu de détention : une excavation à environ deux stades à l’extérieur du camp, de quatre coudées sur quatre et d’une perche de profond, fermée par une énorme grille qui nécessitait l’emploi de quatre bœufs ou d’une vingtaine d’hommes pour la déplacer, le tout aux frais des occupants des lieux. Les antagonistes y étaient jetés pour une semaine, sans boire, ni manger. Autant dire que cela calmait les ardeurs des plus impulsifs. C'est pourquoi tout différend se réglait à l'occasion de la détente. Pour les conflits mettant en présence des membres de différentes décuries, une simple demande à son supérieur qui transmettait à son supérieur qui..... Jusqu'à l'Intendant Général...... Et retour..... Souvent assorti d'une prime à verser à la décurie lésée, et l'échange était effectué. Une fois ces questions d’honneur ou de prestige acquittées, l’endroit se transformait en foire d’empoigne et les champions de chaque décurie se rencontraient, parfois seuls, souvent en groupes, à la lutte à mains libres ou à l’arme émoussée. Ces joutes étaient souvent l’occasion de paris allant jusqu’à la solde de l’entière décurie. Chaque quartier, soit une quarantaine de tentes, avait son propre enclos et juste à côté on trouvait une sorte de gargote. C’était une tente aux dimensions modestes, mais suffisantes pour abriter les vingt, ou trente légionnaires quotidiens dispensés de service ou de corvée. Autant dire que les seuls endroits de détente du camp ne désemplissaient jamais. Le bar, sommaire, se composait de deux tonneaux sur lesquels étaient posées quelques planches. La réserve se situait juste derrière et il était fréquent que le gargotier, un égyptien, ou un phénicien, demandât de l’aide à l’un ou l’autre permissionnaire pour mettre les tonneaux, ou les amphores, en perce en échange d’un verre de bière, d’hydromel ou de vin. Les consignes étant strictes, les clients veillaient à ne pas dépasser les doses autorisées sous peine d’achever la permission au cachot, au trou ou, pire, en place de lice. Les distractions n’étaient pas très variées mais cela suffisait amplement au bonheur de ces légionnaires pour qui le seul fait d’être là était déjà un enchantement. Dans un coin retiré, mon préféré, une caisse contenant une dizaine de manuscrits et parchemins, maintes et maintes fois lus et relus. Sur un coin du comptoir, un jeu de dés donnait lieu à des parties acharnées qui voyaient les maigres soldes changer de propriétaire au gré de la volonté de Mercure. Les plus sages, ou les plus malchanceux, passaient leur temps en d’interminables discussions où la curiosité des jeunes recrues disputait la vedette à l’intérêt des vieux vétérans. Souvent, la boisson aidant, une chorale se formait suivie tout aussitôt d’un orchestre de bagues, muids et autres brassards tambourinant sur les tables ou s’entrechoquant entr’eux. La tente, ainsi que celles aux alentours, bénéficiait alors de cette improvisation, certes rustre, de la légion mais c’était suffisant pour faire oublier les aléas du métier. Parfois même, des couples dansaient sur cette musique improvisée, sous les rires gras et les regards entendus des camarades.

Ce soir-là, c’était calme. Un centurion établissait, laborieusement, la liste des corvéables. Deux légionnaires disputaient une partie de dés sous le regard désintéressé du tenancier. À une table, presque complotant, quatre autres conscrits se remémoraient des souvenirs d’exploits imaginaires. Je lisais, pour l’énième fois, un parchemin sur les objets enchantés, cherchant à en éventer les arcanes, lorsqu’un vieux décurion, vétéran de maints combats, entra dans ‘’Le Piquet De Garde ‘’. Il s’assit presque aussitôt et commanda une cruche de vin. Le centurion leva à peine un sourcil et se replongea dans sa liste. Le bruissement léger des discussions, un instant interrompu, reprit. Les parchemins étant propriétés d’une guilde ou d’une maison commerciale et ne pouvant m’offrir le luxe de fréquenter tous les lieux de détente, j’avais résolu de les transcrire tous sur un seul support. Ainsi, en comparant les différentes descriptions, j’espérais pouvoir percer le mystère de cette amulette. Imperceptible, au début, puis tout doucement, lentement, de plus en plus claire et distincte, une vieille complainte ébranla les palabres étouffées de l’ « auberge » et imposa le silence. Perdu dans ses souvenirs, porté par l’alcool, le vieux soldat chantait. D’une voix douce et mélodieuse, malgré son aspect rébarbatif et son âge vénérable, il chantait… Et son cœur parlait. Je laissai tomber mon livre et, comme tous les autres, me mis à écouter :
- …. Cette maison de pierre au fond de la vallée,
Une vallée verte de fleurs parsemée,
Par la montagne, des vents mauvais, protégée.
Par la grâce des dieux, en tout point, inondée.
Mon cœur saigne aux images retrouvées
Malgré le temps et les années passées
Malgré les épreuves je ne t’ai oubliée
Toi que, jadis, ai tellement aimée
Ta peau douce, délicatement parfumée
De son souvenir, mes nuits sont hantées.
Ton doux visage, partout me poursuit
Tant mon cœur, de toi, s’alanguit
Ma douce Lamwë, pour toi, mon amour crie
Que les dieux me prêtent encore vie
Pour que, près de toi, je puisse retourner
Et qu’un dernier baiser on puisse échanger….. »
Sa chanson finie, dans un silence religieux, sans un mot, il déposa quelques pièces qui tintèrent sur la table et sortit dignement.
« Ce vieux Milae, décidément le vin ne lui réussit pas ! » Commenta laconiquement le centurion, sans même lever la tête.
J’en étais retourné ! J’avais une boule au creux de l’estomac ! Malgré la vie inhumaine de l’armée, ce vieux baroudeur avait gardé un cœur !

J’avais à peine fini de retranscrire le parchemin et m’apprêtai à rejoindre mes quartiers lorsqu’un haut dignitaire de la Compagnie du Cèdre entra dans la gargote. Après une rapide inspection, il lança sa commande au patron et alla s’asseoir à la table du centurion qui, l’ayant aperçu, rangeait ses tablettes. À peine assis, sans préambules, il exigea du centurion l’octroi d’une escorte armée pour traverser la lime : frontière de l’empire se trouvant à quelques lieues du camp. Son exigence venait des récentes rumeurs à propos de détrousseurs sévissant dans la région. Étant en mission spéciale, au nom de l’empereur, il estimait sa demande plus que raisonnable. Sans se départir, le centurion sortit ses tablettes et lui démontra qu’il n’avait personne pour pourvoir à sa sécurité. Le plénipotentiaire désigna alors les permissionnaires en précisant que ces soldats ne figuraient pas sur les comptes. Joignant le geste à la parole, il lança une poignée de pierres précieuses sur la table en annonçant que quiconque serait prêt à le suivre en aurait autant. L’annonce fit l’effet d’un trait de Jupiter. Recrues, comme vétérans se levèrent d’un coup……….. Et se rassirent aussitôt sur un simple geste du centurion qui rassemblait et escamotait, avec calme et naturel les gemmes. Se levant ensuite dignement, il se tourna vers moi et après m’avoir demandé de lui rappeler mon nom, me désigna d’office pour cette mission :
- Choisissez quinze hommes, je vais vous envoyer trois optiones pour vous seconder !
Puis s’adressant au dignitaire :
- Quatre rubis par homme ! Deux de plus pour les optiones, dix de plus pour le décurion et cinq cent pièces d’or. À prendre ou à laisser !
Le visage au bord de l’apoplexie, le marchand reconnu qu’il n’avait d’autre choix que de se plier à ses conditions. Avant de partir, le centurion me remit une tablette en précisant :
- Notez bien tous les noms, y compris le vôtre et veillez à ce que le tribut soit versé ! Vous me remettrez les pièces en même temps que la liste. Je remplirais les blancs pour les optiones.
Se tournant vers le marchand :
- N’oubliez jamais que Rome peut être au service de ses alliés mais ne sera jamais à leurs ordres !
Ça, c’était bien ma veine ! J’avais évité d’aller à « La tour de garde » pour ne pas devoir encore soutenir une discussion interminable avec Terrasemis, le patron qui refaisait à l’infini la campagne d'Égypte de César, et je me retrouvais incorporé d’office dans l’escorte d’un plénipotentiaire imbu de sa personne et de sa position. La mission risquait fort de me rester en travers de la gorge !


© Hami


Dernière édition par Vae-primat le Lun 29 Aoû - 6:40, édité 1 fois
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Lau
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Messages : 14
Date d'inscription : 09/08/2011

MessageSujet: Re: Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. IX   Lun 29 Aoû - 6:25

Tanis et ses aventures : j'attends avec impatience de savoir quelles péripéties l'attendent... va-t-il se sauver, être capturé...

Ah ! j'ai hâte de connaître la suite !!!
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Invité
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MessageSujet: Re: Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. IX   Dim 4 Sep - 15:10

mdr tu parles d'une journee de repos, elle fut courte tout de même et te voila repartis dans de nouvelles aventures avec une bonne escorte cette fois ci et encore une nouvelle mission
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MessageSujet: Re: Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. IX   

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Journal de Tanis Vadern ou ma vie à la légion. IX
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